Pourquoi les démarcheur.euse.s ne sont pas des travailleur.euse.s autonomes?

Les jeunes qui s’engagent à faire partie d’une équipe de démarchage pour représenter un organismes auprès du public se font souvent affubler de l’étiquette « travailleur.euse autonome », ce qui ne pourrait être plus loin de la vérité! En effet, que la personne soit employé.e directement par l’organisme qu’elle représente, ou par une agence externe, elle ne peut être considérée comme une entreprise individuelle.

 

Le travail autonome est une activité que l’on exerce pour son propre profit, et non au service d’une autre entreprise. La Commission des Normes du travail prévoit certaines dispositions fiscales et légales pour les travailleur.euse.s autonomes, en fonction de certains critères:

  • La possibilité de contrôler son travail: si on a le statut de travailleur.euse autonome, on décide de nos propres horaires, de notre code vestimentaires, de nos tâches… il n’y a personne pour nous dire quoi faire, ni quand ou comment le faire. Or, les équipes de démarchage ont un code éthique, doivent se plier à une certaine manière de représenter un organisme, de même que se conformer à l’horaire de travail déterminé par son employeur et assister à des rencontres d’équipe. Il y a donc ce qu’on appelle un lien de subordination.
  • L’utilisation de ses propres outils: si notre employeur nous fournit nos outils de travail (ordinateurs, téléphone, bureau, vestes, cartables, formulaires et autres…) c’est que l’on a un statut salarié!
  • La possibilité de réaliser des profits: même si certaines entreprises de collecte de fonds empochent (indûment, à notre avis) des profits sur les campagnes réalisées pour leurs organismes-clients, il n’en est rien pour les démarcheur.euse.s. Le succès ou l’échec d’une campagne ne leur apportera pas de bonus, même si on peut récompenser leurs performances individuelles avec des incitatifs financiers. Projet Élan s’oppose d’ailleurs à ce type de récompense, puisque cela ne fait qu’augmenter la pression de performance pour les employé.e.s. Ainsi, les membres de l’équipe risque davantage d’inscrire des dons mensuels qui seront vite annulés.
  • La possibilité de faire des pertes: Inversement, il est aussi vrai que les éventuels échecs financiers de l’employeur n’ont pas d’impact sur le salaire de l’employé.e. C’est l’organisme (ou l’agence de collecte de fonds) qui absorbe ces pertes.

On voit donc que les démarcheur.euse.s devraient toujours avoir un statut de salarié.e. Il peut être tentant (c’est d’ailleurs la mode!) d’imposer le statut de travail autonome à une personne qui travaille sous nos ordres. En effet, cela nous confère un statut de client, au lieu d’employeur. Et on sait bien que le client a toujours raison! Seulement, si on a des valeurs d’entraide et de solidarité, et qu’on travaille bien fort à rendre le monde meilleur, cela devrait aussi s’appliquer à la manière dont on gère les membres de notre équipe. Ainsi, assumer ses responsabilités d’employeur, cotiser à l’assurance-chômage, à la CSST et au régime des rentes, ce n’est pas optionnel, c’est la loi! Projet Élan contribue à cette lutte contre la précarité des travailleur.euse.s qui s’engagent pour des causes qui leur tiennent à cœur en leur accordant le statut professionnel qu’illes méritent!

Faites vous aussi partie du mouvement et faites affaire avec une équipe qui respecte les droits du travail.

Image: The Entrepreneur, par le peintre américain James Cassel

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